La processionnaire du pin, Thaumetopoea pityocampa, est un lépidoptère appartenant à la famille des Notodontidae. Elle se distingue à chaque étape de son développement par des signes morphologiques et des comportements très caractéristiques.
En été, la femelle pond ses œufs en manchons compacts enroulés autour des aiguilles de pin. Chaque ponte regroupe 150 à 300 œufs, recouverts d’écailles brunâtres arrachées de son abdomen.
Cette stratégie de camouflage explique leur taux de survie élevé.
Au stade larvaire, la processionnaire du pin devient redoutable.
👉 Ces poils contiennent une protéine toxique, la thaumétopoéine, identifiée par Battisti et al. (2015) comme la cause des inflammations cutanées, oculaires et respiratoires.
Ces amas blancs en forme de cocon, visibles en bout de branches, sont en réalité les nids de soie tissés par les chenilles processionnaires du pin. On peut les observer à partir de l’automne.
Ces nids agissent comme de véritables “serres” qui favorisent leur survie même en hiver rigoureux.”
En fin d’hiver, les colonies quittent leur nid pour aller s’enfouir dans le sol.
Elles se déplacent en files indiennes parfaitement alignées, chaque chenille suivant la trace chimique laissée par la précédente.
Ce comportement spectaculaire, bien connu des promeneurs, a donné leur nom à l’espèce.
Après leur descente en file indienne, les chenilles s’enfouissent dans le sol, à quelques centimètres de profondeur, pour se transformer en chrysalides.
Chaque individu se protège dans un cocon brunâtre, invisible depuis la surface.
Cette étape marque la fin de la vie larvaire : la chenille cesse de se nourrir et se prépare à devenir papillon.
Même si elles ne sont pas visibles à l’œil nu, ces chrysalides représentent une présence persistante et expliquent pourquoi la lutte doit se répéter d’une année sur l’autre.
L’adulte est un papillon nocturne brun-gris, aux ailes antérieures striées et aux reflets argentés sous les ailes postérieures.
La chenille processionnaire du pin suit un cycle annuel très précis, étroitement lié aux saisons mais modulé par les conditions climatiques locales.
De juillet à septembre, les papillons adultes émergent du sol et s’accouplent. La femelle dépose ses œufs en manchons compacts autour des aiguilles de pin, contenant entre 150 et 300 œufs.
👉 Demolin (1969) a montré que ce camouflage réduit significativement la prédation des pontes par les oiseaux et parasitoïdes.
À la fin de l’été, les jeunes larves éclosent et commencent immédiatement à se nourrir des aiguilles. Rapidement, elles adoptent un mode de vie grégaire et tissent leur premier nid de soie collectif.
Ce mécanisme explique pourquoi les processionnaires restent actives même pendant des hivers rigoureux.
De septembre à mars, les chenilles poursuivent leur développement à l’abri du nid.
👉 Les chenilles alternent périodes de repos diurnes et sorties nocturnes, réglées par la température interne du nid.
Lorsque les chenilles atteignent leur maturité, elles quittent leur nid entre février et avril (parfois dès novembre dans le sud de la France).
Ce comportement grégaire maximise leurs chances de survie, car elles colonisent collectivement des sites favorables.
Sous terre, les chenilles se transforment en chrysalides brunâtres protégées dans un cocon individuel.
En juillet-septembre, les papillons émergent du sol.
Le cycle de la processionnaire varie selon la latitude et l’altitude :
👉 Selon une étude publiée dans Forests (2020), la processionnaire du pin progresse actuellement de près de 55 km par décennie vers le nord de l’Europe, conséquence directe du réchauffement climatique.
La chenille processionnaire du pin est originaire du bassin méditerranéen, où elle s’attaquait surtout aux pins sylvestres, maritimes et noirs. On la trouvait principalement en Afrique du Nord, dans le sud de l’Europe et autour des côtes méditerranéennes.
Depuis plusieurs décennies, son aire s’est largement élargie :
Cette dynamique explique pourquoi la chenille processionnaire du pin, autrefois limitée au pourtour méditerranéen, est désormais un problème sanitaire et écologique dans de nombreuses régions d’Europe.
La processionnaire du pin se développe principalement sur les pins sylvestres, maritimes, noirs et blancs, mais colonise aussi parfois les cèdres.
La majorité des processions se déroule entre février et avril, mais dans le sud, elles peuvent commencer dès novembre.
La processionnaire du pin n’est pas seulement un ravageur forestier. C’est aussi un risque sanitaire majeur pour l’homme et les animaux domestiques. Ses poils urticants microscopiques sont de véritables armes biologiques qui se dispersent dans l’air, contaminent le sol et l’arbre, et restent actifs longtemps après le passage des chenilles.
Les chenilles processionnaires consomment les aiguilles des pins de manière intensive, provoquant une défoliation parfois totale.
👉 Selon Pimentel (2004), les attaques répétées de Thaumetopoea pityocampa compromettent la résilience des pins et favorisent le dépérissement de peuplements entiers en zone méditerranéenne.
Les “piqûres” de chenilles processionnaires du pin sont en réalité provoquées par leurs poils urticants microscopiques, projetés dans l’air au moindre contact. Ces poils contiennent une protéine toxique, la thaumétopoéine, identifiée par Battisti et al. (2015) comme responsable des réactions inflammatoires.
Les symptômes peuvent être très variés :
👉 L’EFSA (2021) considère la chenille processionnaire du pin comme l’un des principaux insectes allergènes en Europe, avec des impacts sanitaires en forte progression.
Les chiens et les chats sont particulièrement vulnérables, car ils reniflent ou lèchent facilement les chenilles ou les nids.
Chaque printemps, les vétérinaires français signalent de nombreux cas d’urgences liés aux processions de chenilles.
Dans les paddocks, centres équestres et pâtures bordées de pins, les risques sont tout aussi sérieux.
👉 L’INRAE a rapporté plusieurs cas cliniques de mortalité équine liés à la présence de processionnaires du pin dans les zones de pâturage.
La lutte contre la processionnaire du pin repose sur une stratégie combinée. Aucune méthode n’est suffisante seule : il faut associer la surveillance, les traitements biologiques, le piégeage mécanique et la favorisation des auxiliaires pour protéger efficacement vos pins et sécuriser votre environnement.
Les pièges à phéromones sont indispensables pour anticiper les infestations. Ils imitent l’odeur sexuelle émise par les femelles et attirent les mâles, ce qui permet à la fois de suivre les populations et de réduire localement les accouplements.
Nos capsules longue durée assurent une diffusion constante tout au long de la saison de vol, évitant les remplacements multiples.
👉 Selon Griepink et al. (1999), les phéromones de Thaumetopoea pityocampa sont des outils fiables de détection et de surveillance, permettant de déterminer avec précision le moment idéal pour déclencher les traitements biologiques.
Le BT (Bacillus thuringiensis var. kurstaki) est le traitement utilisable en agriculture biologique de référence.
👉 Des essais menés par Athanassiou et al. ont montré une efficacité supérieure à 90 % sur les jeunes stades larvaires lorsque le BT est appliqué au bon moment.
Le piège collier est l’outil le plus sûr pour protéger les enfants, les animaux domestiques et les zones sensibles.
C’est la solution la plus plébiscitée par nos clients, particuliers comme collectivités, car elle combine simplicité, efficacité et sécurité maximale. Elle permet également de casser complétement le cycle de reproduction de ce ravageur et donc de limiter les infestations pour les années futures.
L’échenillage consiste à couper et détruire manuellement les nids visibles dans les pins.
⚠️ L’échenillage doit se faire avec des protections complètes (combinaison, gants, masque), car les nids contiennent des milliers de poils très volatils. Le plus prudent est de faire appel à des professionnels.
👉 Méthode efficace à petite échelle (arbres isolés), mais à compléter par le BT et les pièges colliers pour une protection durable. En effet, des nids passent parfois inaperçus.
La biodiversité constitue un allié précieux pour réguler les populations.
👉 Selon Villemant et al. (2011), le maintien d’une biodiversité riche (nichoirs, gîtes, haies, fleurs mellifères) contribue fortement à réduire la pression exercée par la processionnaire du pin sur les forêts et jardins.
La lutte contre la processionnaire du pin doit suivre le rythme biologique de l’insecte. Chaque saison offre une fenêtre d’intervention privilégiée. En respectant ce calendrier, vous maximisez l’efficacité des traitements tout en limitant les risques pour vos proches et vos animaux.
Dès juin, les premiers papillons mâles apparaissent. C’est le moment d’installer les pièges à phéromones.
👉 C’est la première étape indispensable pour planifier la lutte.
En septembre-octobre, les jeunes larves issues des œufs commencent à sortir la nuit pour se nourrir. C’est le moment idéal pour appliquer le BT.
👉 Des essais menés par Athanassiou et al. ont montré une efficacité de plus de 90 % sur les jeunes stades larvaires, lorsque le traitement est appliqué au bon moment.
De janvier à mars, les chenilles arrivent à maturité et quittent leur nid pour descendre au sol. C’est la période la plus critique pour la sécurité des enfants, des animaux et des promeneurs.
C’est aussi la méthode la plus plébiscitée par nos clients, car elle combine simplicité, efficacité et sécurité totale.
En complément, il est important de renforcer la présence des auxiliaires naturels.
Cette stratégie de long terme réduit la pression exercée par la processionnaire sur vos pins, tout en favorisant un équilibre écologique durable.
La lutte contre la chenille processionnaire du pin n’est jamais un geste ponctuel : c’est une vigilance à renouveler chaque année. En effet, certaines chrysalides peuvent rester enfouies plusieurs années dans le sol avant d’émerger, assurant la persistance des populations même après une forte infestation.
Pour protéger durablement vos pins et sécuriser votre environnement, la stratégie la plus efficace repose sur une approche globale :
👉 En combinant ces méthodes, vous protégez efficacement vos arbres, réduisez les risques sanitaires pour vos proches et vos animaux, et respectez l’équilibre naturel de votre jardin.