En France métropolitaine, on distingue principalement deux espèces dont le mode de vie diffère selon l’arbre hôte :
La Processionnaire du Pin (Thaumetopoea pityocampa) : Elle est la plus répandue. Ses chenilles tissent des nids de soie blancs très visibles sur les branches de pins et de cèdres durant l’hiver. Elles descendent de l’arbre en “procession” (file indienne) pour s’enterrer, généralement entre février et avril.
La Processionnaire du Chêne (Thaumetopoea processionea) : Présente presque partout en France, elle se développe au printemps et en été. Ses nids sont plaqués contre le tronc ou les grosses branches de chênes. Contrairement à sa cousine, elle ne descend au sol qu’accidentellement.
Le véritable danger réside dans les poils microscopiques que les chenilles libèrent lorsqu’elles se sentent menacées. Ces poils contiennent une protéine urticante, la thaumétopoéïne.
Le contact peut provoquer des réactions cutanées (démangeaisons, rougeurs), des troubles oculaires ou respiratoires graves. Dans les cas les plus critiques, un choc anaphylactique ou un œdème de Quincke peut survenir.
Les chiens sont particulièrement vulnérables. S’ils lèchent ou ingèrent une chenille, leur langue peut se nécroser violemment, nécessitant une intervention vétérinaire urgente sous peine de séquelles irréversibles.
Attention : Les poils restent actifs et dangereux dans l’environnement (vieux nids, mues) pendant 2 à 3 ans.
La lutte contre ces nuisibles est désormais structurée par les autorités locales et les obligations des propriétaires.
L’utilisation de traitements à base de Bacillus thuringiensis (Bt) est une méthode efficace qui peut réduire le développement des larves jusqu’à 95%. Elle s’applique généralement en automne pour le pin.
Écopièges : Installés sur le tronc des pins, ils capturent les chenilles lors de leur descente vers le sol.
Pièges à phéromones : Attirent les papillons mâles en été pour limiter les accouplements et donc les pontes futures.
L’échenillage consiste à couper et incinérer les nids. Cette opération est dangereuse et nécessite un équipement de protection intégrale (combinaison étanche, masque, gants).
Ne jamais toucher un nid ou une procession, même morts.
Éviter de faire sécher le linge près d’arbres infestés par grand vent.
Porter des vêtements couvrants lors de balades en forêt entre février et juillet.
En cas d’exposition, prendre une douche tiède et changer de vêtements.